Lesbienne… Et alors ?!

Vous êtes une mangeuse de bambous, tout le monde le sait. Vous revendiquez votre condition de panda depuis que vous avez découvert, au début de votre vie de femme, les plaisirs de la chair.

Au milieu de la trentaine, célibataire, sans enfants, un travail qui paie les factures, des amis qui sont comme votre deuxième famille, un chat prénommé Laxatif… vous êtes ce qu’on appelle une femme moderne : indépendante et heureuse de l’être, mais qui parfois se sent seule.

Heureusement, il y a votre famille qui vous entoure : « une si belle enfant… et intelligente en plus ! Pourquoi elle ne trouve pas d’homme mon Dieu ? Tu es trop difficile aussi toi ! Regarde le fils du voisin ! »

Celui qui, vous semble t-il, a une hygiène fort douteuse et qu’il suffit « d’arranger » selon votre mère : « un homme ça s’arrange hein ! »

Vous vous en foutez de tout ça, les hommes ce n’est pas ce qui manque ! Les aventures se succèdent, les besoins affectifs ne sont pas écoutés et les besoins physiques sont à peu près comblés… enfin, jusqu’au soir de l’anniversaire de Liliane, votre meilleure amie.

Vous arrivez à la fête sourire aux lèvres. C’est une piscine party, alors pour l’occasion, vous portez une longue robe blanche en crochet qui laisse apparaître votre monokini blanc. On devine aisément votre poitrine nue en pointe sous le tissu et cela vous convient : il y a là quelques beaux spécimens masculins qui vous interpellent.

Après quelques mojitos, vous vous dirigez vers votre choix du soir qui ne cesse de vous regarder depuis votre arrivée, quand soudain, surgit de nulle part une femme : « Bonsoir ».

Woooy manzel kay grenné mouvman mwen ! Boug’ la pa ka gadé mwen ankô !

Il faut dire que la femme en question était particulièrement séduisante. Ses cheveux bouclés courts, ses yeux pétillants, ses lèvres fines et son nez en trompette lui donnait un air mutin qui ne laissait personne indifférent. Son regard espiègle vous fit sourire… elle avait compris vos intentions et avait délibérément interrompu votre attaque.

Vous acceptez de discuter. Elle vous parle de sa vie, de son travail et de ses envies avec une telle passion que vous en oubliez le bambou du soir. Vous la trouvez intelligente, fascinante… vous êtes comme hypnotisée par sa parade. Elle s’intéresse à vous, vous écoute. Vous l’observez. Sa peau vous semble douce, son parfum votre enivre. La musique qui ne vous gênait pas, semble tout à coup insupportable. Il y a trop de bruit. Elle vous propose spontanément de vous isoler à l’étage, vous la suivez.

C’est dans la bibliothèque que vous trouvez refuge. Il n’y a pas de chaises, mais le tapis au sol est suffisamment confortable pour s’y installer l’une à côté de l’autre. Silence… plus personne n’ose parler. La musique et le brouhaha en bruit de font ne couvrent pas le malaise qui s’installe tout à coup… vous réalisez votre attirance pour une femme. Jamais cela n’était arrivé avant.

Vous voulez partir, elle le voit et vous retient avec un baiser fougueux. Vos corps s’allongent spontanément. Il n’y a plus d’hypnose, vous êtes bien présente et vous désirez cette femme autant qu’elle vous désire. Vos corps nus s’emmêlent. Elle se retourne. Son dos contre votre poitrine, vous dégustez sa nuque, une de vos mains savoure la fermeté de ses seins, pendant que l’autre presse délicatement sa mandarine. Des gémissements s’échappent, elle se dégage, vous fait face et vous regarde avec délice. Les minutes défilent et vous ne vous êtes jamais sentie aussi complète qu’à cet instant.

La soirée touche à sa fin, vous regagnez la fête après cet échange nouveau pour vous. Vous décidez de garder contact. Vous vous posez des questions sur votre orientation sexuelle : Je suis bisexuelle, homosexuelle ? Etait-ce une expérience isolée ? C’est fini les bambous alors ? … mais après tout, vous vous sentez tellement bien… pourquoi en faire toute une histoire ?

Vous êtes heureuse et libre : c’est tout ce qui compte.

 

 

Psssiiiit ! Par ici Kokofiolo : si on aime, on partage !

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